Association Sauvegarde & Valorisation du Château de Grammont

Le testament sur mesure de Claude-Anthelme d’Arloz

1803 : alors que  Napoléon s’apprête à envahir l’Angleterre, Claude-Anthelme d’Arloz, comte d’Entremont et seigneur de Grammont prépare son testament …

Claude-Anthelme d’Arloz est alors le maître des lieux avec à ses côtés Marie-Gabrielle de Montillet, son épouse, mais il est malade.

Après un an d’alitement, il meurt le 15 décembre 1804 à l’âge de 60 ans, emporté par la maladie. Il est enterré à la porte de l’église de Ceyzérieu.

C’est déjà alité qu’il dicte son testament le 18 novembre 1803 : Alexandre, son fils aîné, reçoit en préciput – avantage que le testateur ou la loi donne à l’un des héritiers – un quart de tous les biens, héritage que Claude-Anthelme compose avec le château, les jardins, granges, prés, vergers et moulin, les lacs de Morgnieu et de Chavoley, plus quelques terrains situés sur Ceyzérieu ou dans les communes avoisinantes. Il donne l’usufruit de la moitié de tous ses biens ainsi que le premier étage du château à son épouse. Magdelaine de Mornieu, sa tante ex-religieuse, restera hébergée, nourrie et soignée au château de Grammont.

Claude-Anthelme d’Arloz (1744-1804)
(© Archives familiales d’Arloz)

Claude-Anthelme laisse à son fils aîné une lettre plus intime qu’il intitule « Dernières volontés du meilleur des pères à son fils Alexandre ». En voici les termes :

«En vous bénissant mon fils, par l’organe de Monsieur Lavigne qui voudra bien vous servir toujours d’ami comme il l’a fait par le passé, je vous remets par écrit mes derniers avis n’ayant pu faire autrement.
Je vous recommande essentiellement d’aimer la vertu, la sagesse et de ne jamais vous écarter des principes de notre sainte Religion qui seule fait mon soutien et toute ma consolation dans mon lit de mort au milieu de mes souffrances.
Vivez en bon chrétien, respectez et honorez votre tendre mère, rendez-lui pour moi les soins les plus assidus qu’elle a tout lieu d’attendre d’un fils respectueux et bien né.
Enfin, dédommagez-la s’il est possible par votre amour et votre attachement inviolable de la perte indicible qu’elle va faire en moi (N.D.A. : excusez du peu !).
Ayez pour elle tous les égards et toutes les attentions qu’elle recevait de ma part en la consultant dans tout ce que vous voudrez faire ou entreprendre et donnez-lui toute votre confiance.
Ayez soin d’entretenir l’union et l’amitié la plus parfaite dans la famille.
Redoublez de soins et d’attachement pour votre petit frère que je laisse hélas bien jeune encore. C’est sur lui que je fondais toutes mes espérances pour l’honneur de la famille en cultivant à fond les sciences et profitant des heureuses dispositions qu’il semble annoncer. Je ne vous cacherai pas que j’aurais bien désiré lui faire un sort heureux. Mais le Seigneur en disposant autrement, je me repose de tous les soins sur vous et sur votre respectable et digne mère.
Ayez, pour celui qui vous remettra cet écrit que je lui ai dicté et qu’il a rédigé sous mes yeux la plus inviolable amitié et regardez-le toujours comme votre meilleur ami et celui de votre père, enfin pesez bien mes avis mon cher fils, faîtes-en votre profit et n’oubliez jamais le plus tendre des pères qui vous donne encore une fois sa bénédiction espérant que le Seigneur vous donnera la sienne dans ce monde et dans l’autre. Ainsi soit-il.
»

Marie-Gabrielle de Montillet est alors nommée tutrice de ses cinq enfants: Marie-Emilie 18 ans, Alexandre 16 ans, Rosalie 14 ans, Caroline 12 ans et Henri 7 ans.

Femme de caractère, Marie-Gabrielle assumera l’éducation des enfants tout en gérant l’important domaine laissé par son époux. Elle décède au château le 16 juin 1826 et est inhumée dans l’église de Ceyzérieu.

Lorsque plus tard, la construction de la chapelle familiale bâtie dans le cimetière du village entreprise par leur petit-fils Marie-Louis est achevée, les restes de Claude-Anthelme d’Arloz et de Marie-Gabrielle de Montillet, réunis dans un même cercueil, sont transférés dans sa crypte.

La génération suivante est en place. Mais c’est une autre histoire, une des nombreuses, à conter …

Famille d’Arloz

Les sujets traités dans la rubrique Gros plan sont le fruit de témoignages fiables, de documents originaux sous tous formats et de recherches factuelles menées dans de nombreux fonds d’archives publics et privés. Ils attestent des aspects méconnus ou singuliers de l’histoire du château et font revivre le souvenir de celles et ceux qui l’ont vécue.

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